Fortes de la réussite exceptionnelle du 7 septembre les organisations syndicales considèrent que les annonces du Président de la République, qui se voulaient une réponse aux mobilisations, ne modifient pas le caractère injuste et inacceptable de la réforme proposée.
Réunies le 8 septembre 2010 elles décident de poursuivre et d’amplifier le processus de mobilisation pour obtenir des mesures justes et efficaces afin d’assurer la pérennité du système de retraites par répartition.
Elles appellent à faire du mercredi 15 septembre, jour du vote par les députés du projet de loi, une journée forte d’initiatives et d’interpellations des députés, des membres du gouvernement et du Président de la République dans les départements et les circonscriptions.
Avant le débat au Sénat elles décident de faire du jeudi 23 septembre une grande journée de grèves et de manifestations dans tout le pays.
Réforme des retraites : annulation de la décote
01-09-2010
Les personnels n'ayant pas suffisamment d'annuités pour partir à taux plein
Les personnels qui
prévoyaient de partir à 65 ans pour obtenir le taux plein sans avoir tous les
trimestres nécessaires (études longues, congés sabbatiques ou pour éducation
des enfants...) seront contraints d'accepter une décote, ou d'attendre d'avoir 67
ans.
(Voir l'article consacré aux dispositions communes du projet de loi dans cette même rubrique)
Réforme des retraites : rachats de trimestres
01-09-2010
Les personnels ayant racheté des trimestres de cotisation pour partir à 60
ans
(Voir : Les
Échos- Retraites : des
salariés ayant racheté des années d'études veulent être remboursés)
Depuis 2003, les
assurés peuvent racheter des périodes pour lesquelles ils n'ont que peu ou pas
cotisé. Le dispositif dit du « versement pour la retraite » permet de racheter
des trimestres pour compléter des années incomplètes (moins de 4 trimestres
validés) ou d'études supérieures. Le rachat maximum est de 12 trimestres.
Ces rachats servent à
atténuer la décote appliquée au calcul d'une pension, ou à compléter la durée
de cotisation pour ouvrir le droit au départ à taux plein.
Le coût du rachat varie
en fonction de l'âge de l'assuré (plus on achète tard, plus c'est cher) et des
revenus des trois années précédant le rachat.
Impacts
Les trimestres
rachetés par les personnels souhaitant partir à 60 ans l'auront été en pure
perte ! En effet, l'âge légal de départ en retraite augmente plus
rapidement que le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir le taux plein.
Exemples :
Avant la réforme
Après la réforme
Année de naissance : 2ème
semestre 1951
Age légal de départ : 60 ans
Date de départ en retraite :
2ème semestre 2011
Nombre de trimestres
nécessaires : 163
Nombre de trimestres
cotisés : 162
Nombre de trimestres
rachetés : 1
Age légal de départ : 60 ans
+ 4 mois
Nombre de trimestres
nécessaires : 163
Nombre de trimestres cotisés à 60
ans et 4 mois : 163
--> le trimestre racheté sur
la base du dispositif précédent est perdu
Année de naissance : 1953
Age légal de départ : 60 ans
Date de départ en retraite :
2013
Nombre de trimestres
nécessaires : 165
Nombre de trimestres cotisés :
161
Nombre de trimestres
rachetés : 4
Age légal de départ : 61 ans
Nombre de trimestres
nécessaires : 166
Nombre de trimestres
cotisés : 165
--> 3 trimestres rachetés sont
perdus, soit entre 10 800€ et 15 000€ moins le crédit d'impôt.
Le gouvernement a indiqué qu'il proposerait le remboursement
des trimestres rachetés inutilement, ce qui devra être confirmé dans les textes.
(Voir
La Tribune du 20/07/2010)
Dernière mise à jour : ( 01-09-2010 )
Réforme des retraites : personnels en TPS
01-09-2010
Les personnels en Temps Partiel Senior
Conformément à la clause de sauvegarde de l'accord Senior,
le TPS pourrait être prolongé au-delà des 3 ans. Cette éventuelle prolongation devra faire l'objet d'un nouvel avenant/protocole
TPS d'abord entre les syndicats et l'entreprise, puis entre le salarié et
l'employeur.
Pour les personnels déjà en TPS
L'âge légal de départ
à la retraite étant reculé de 4 mois tous les ans, les personnels en TPS devraient
augmenter en proportion la durée de leur activité à mi-temps, avant de pouvoir
partir en retraite effective.
Par exemple, tous les personnels encore en TPS au
1er juillet 2011 devront travailler 4 mois de plus, 8 mois de plus
au 1er juillet 2012, etc.
Dans la mesure où ces
personnels sont en CDI ou fonctionnaires, l'entreprise sera dans l'obligation
de poursuivre les contrats de travail, mais on ne peut savoir dans quelles
conditions précises avant la renégociation de l'accord.
Ceux d'entre eux qui
ont rachetés des trimestres de cotisation pour permettre leur départ avec une
pension sans décote à l'âge légal risquent de l'avoir fait pour rien (voir plus
loin).
Pour les personnels qui ne sont pas encore dans le dispositif
Dans l'état actuel de la loi et de l'accord d'entreprise en
vigueur, tous les personnels qui avaient
plus de 54 ans (ou 49 ans pour le
service actif) au 1er janvier 2010 étaient éligibles, les plus
jeunes entrant dans le dispositif à la fin des 3 ans de validité de l'accord,
et pour 3 ans de TPS.
Si l'avenant ne prolonge pas la durée de l'accord, seules
les personnes nées avant le 30 août 1954 resteront éligibles (ou avant le 30
août 1959 pour les services actifs), pour entrer plus tardivement dans l'accord
(3 ans avant le nouvel âge légal de départ en retraite).
Cette mesure pourrait représenter une économie pour
l'entreprise, de l'ordre de 180 millions d'euros actuellement provisionnés dans
les comptes.
Réforme des retraites : personnels en préretraite
01-09-2010
Les personnels en préretraite
Certains
établissements de France Télécom ont mis en place des dispositifs spécifiques
de préretraite (FT R&D et DSI notamment), pour permettre essentiellement
aux salariés de droit privé qui n'étaient pas éligibles au CFC de bénéficier
d'une solution de départ anticipé.
Le recul de l'âge de
départ en retraite à taux plein impacte directement tous les personnels qui
bénéficient actuellement de ces préretraites, et devaient liquider leur
retraite à partir du 1er juillet 2011.
Par exemple, et comme
pour le CFC, les bénéficiaires de l'accord FT R&D nés au second semestre
1951 et entrés dans le dispositif de préretraite au 2ème
semestre 2006 pour la durée maximale de
5 ans, terminent leur préretraite au second semestre 2011. Après le 1er
juillet 2011, ils devront cependant attendre 4 mois de plus pour pouvoir
liquider leur retraite à taux plein. Les
dispositions de l'accord devront donc être adaptées pour que ces bénéficiaires
ne subissent pas de décote, comme le prévoit d'ailleurs la clause de
stabilisation de l'accord.
Réforme des retraites : personnels en CFC
01-09-2010
Les personnels en CFC
Tous les personnels en CFC nés au 2ème semestre
de 1951 et partis en CFC au 2ème semestre 2006 sont potentiellement impactés
par la réforme. Ils terminent leur CFC en 2011 ou 2012 si leur CFC dure 5 ans
ou plus. Entre 2 000 et 2 500 personnes sont concernées, dont 90% de
fonctionnaires.
Dans l'état actuel de nos informations :
·Pour les fonctionnaires,
l'accord pourra sans doute être appliqué tel quel, permettant aux
fonctionnaires en CFC de faire valoir leur droit à la retraite à la date
initialement prévue(non rétroactivité
de la loi sur l'accord découlant du décret). Ce point reste cependant à vérifier. Les fonctionnaires
auraient intérêt à ce que leur départ soit retardé de 4 mois, ce qui leur
permettrait de toucher 4 mois de rémunération supplémentaire, d'augmenter leur
nombre de trimestre travaillés, et de bénéficier de l'attribution des
avancements d'échelon prévus par l'échelle indiciaire pendant 4 mois de plus.
·Pour les salariés de droit
privé, le plus probable est une prolongation de leur contrat CFC, lorsqu'il
a une durée inférieure à 5 ans et 5 mois. Pour ceux qui ont déjà un CFC de 5
ans et 9 mois, il reste possible de faire un avenant au contrat pour le
prolonger. L'impact de ces prolongations sera positif pour les personnels
concernés : 4 mois supplémentaires de rémunération et de complémentaire
maladie, des points de retraite en plus.
Financièrement, l'entreprise a pour sa part intérêt à ce que
la réforme ne reporte pas l'âge de départ à la retraite sur les contrats CFC
déjà signés pour les fonctionnaires.
Réforme des retraites : services actifs
01-09-2010
Les services actifs
Les fonctionnaires
ayant accompli au cours de leur carrière (à La Poste ou à France Télécom)
15 années de service dans les emplois classés dans la catégorie active peuvent
actuellement partir en retraite à 55 ans.
Après la réforme, les
« services actifs » seront vraisemblablement considérés comme
« catégories actives » de la fonction publique. Le relèvement de
l'âge légal de départ en retraite interviendra donc dès le 1er
juillet 2011, selon la même courbe que pour le régime général : l'âge
légal de départ en retraite augmentera de 4 mois par an. La mesure devra faire
l'objet d'un décret spécifique à France Télécom, définissant clairement les
bénéficiaires et les règles de calcul associées.
Il reste possible, par
décret, d‘étendre aux « services actifs » les dispositions des régimes
spéciaux. Dans ce cas, l'âge légal de départ en retraite ne sera pas relevé
avant 2017. Si une telle mesure pourrait être souhaitée par la Direction de France
Télécom pour lui permettre de rajeunir plus rapidement sa pyramide des âges,
elle coûtera plus cher à l'État, qui risque donc de s'y opposer.
Un éventuel passage de
15 à 17 ans de service dans un emploi de la catégorie active pour bénéficier
d'un départ anticipé ne s'appliquera sans doute pas au sein du Groupe France
Télécom, dans la mesure où les personnels ne peuvent plus accomplir 2 ans
supplémentaires de service actif, les emplois éligibles n'existant plus au sein
de l'entreprise.
Réforme des retraites : parents de 3 enfants
01-09-2010
Les fonctionnaires parents de 3 enfants ayant 15 ans de service effectif
La particularité de cette mesure, c'est que sa
date d'effet est définie antérieurement à la promulgation de la loi.
Pour bénéficier du dispositif actuellement en
vigueur, les personnels concernés - essentiellement des femmes - doivent faire leur
demande de retraite anticipée avant le 31 décembre 2010, pour un
départ en retraite au plus tard au 1er juillet 2011.
L'action des organisations syndicales a permis
d'éviter le pire (il fallait initialement faire sa demande avant le... 13 juillet
2010 !), mais le dispositif actuellement en vigueur ne sera pas conservé.
(Voir nos
articles précédents dans cette même rubrique, ainsi que les communiqués gouvernementaux en lien)
Qui est impacté et comment ?
Les fonctionnaires
parents de 3 enfants ayant 15 ans de service effectif, et ayant interrompu leur
activité professionnelle pour la naissance de chaque enfant (congé de maternité
ou de paternité de 2 mois consécutifs, pendant la période comprise entre
1er jour de la 4ème semaine précédant la naissance ou
l'adoption et le dernier jour de la 16ème semaine suivant la
naissance ou l'adoption). Ces parents bénéficient actuellement d'un
dispositif spécifique remis en question par le projet de loi.
Avant le projet de réforme
A partir du 31 décembre 2010
Les fonctionnaires peuvent partir
à la retraite à l'âge de leur choix, lorsqu'ils ont à la fois 15 ans de
service effectif et 3 enfants.
Les règles de calcul de leurs
droits (nombre de trimestres de cotisation de référence et application ou non
d'une décote) sont celles en vigueur à la date à laquelle la personne a eu 3
enfants et 15 ans de service.
Tous les parents de 3 enfants au
1er janvier 2012 conserveront la possibilité de partir après 15 ans de
service mais avec alignement des règles de calcul sur le droit commun
(règle générationnelle dite de l'année de naissance).
Les fonctionnaires qui ne
réunissent pas l'ensemble des conditions au plus tard le 1er
janvier 2012 ne bénéficient plus d'aucun dispositif particulier, ils entrent
dans le droit commun.
Exemple : une femme
fonctionnaire née en 1956 qui en 1994 avait trois enfants et 15 ans de
service dans la fonction publique
Règles en vigueur en 1994, soit
avant la réforme Fillon. La pension est proportionnelle au nombre d'annuités
cotisées (moins la durée du temps partiel qui ampute les trimestres d'assurance),
soit :
nombre d'annuités cotisées / 37,5
ans (150 trimestres) correspondant à la durée de référence avant 2003 * 75% =
taux de pension. Pas de décote.
Exemple de calcul :
136 trimestres cotisés /150 trimestres *75% : taux de pension = 68
%
Ce sont les règles en vigueur
pour la génération 1956 qui s'appliqueront. Soit un calcul sur 41,5
annuités (166 trimestres et non 150 trimestres) avec la réforme annoncée
le 16 Juin 2010, et surtout une décote pour toutes les années
manquantes, comme prévu par la loi Fillon.
Pour notre exemple :
136/166*75% = 61,446% - avec la décote de 25% le nouveau pourcentage
de pension est de 46,085% soit une baisse de 14,75%.
Exemple : une femme
fonctionnaire née en 1963 qui remplit les conditions en 2006 [3ème
enfant né en 2006 (perte du bénéfice de la bonification) et 15 ans de
service].
Règles en vigueur en 2006, soit
156 trimestres de cotisation, avec application de la décote pour toutes les
années de cotisation manquantes, soit :
Exemple de calcul :
(87 trimestres cotisés/156)*75% = 41,827% avec une décote de 2,5% = taux de
pension 40,781%.
Le calcul devient :
trimestres cotisés/167 trimestres
(née en 1963) * 75% = taux théorique - décote = taux de pension
Pour notre exemple :
(87/167)*75% = 39,072% avec une décote de 25% = taux de pension :
29,304% soit une baisse de13,91%
Cette disposition pose un problème majeur, dans la mesure où
elle oblige les personnels concernés à prendre position sur un départ en
retraite dès cette année, sans avoir aucune certitude sur le maintien en l'état
de la disposition. Si les dates d'effet sont retardées, les personnels qui
auront opté pour la retraite dès cette année pourront avoir subi un préjudice
financier inutilement.
Réforme des retraites : rappel des dispositions communes
01-09-2010
Rappelons que le projet de loi n'est encore...
qu'un projet. Il sera soumis au débat parlementaire à partir du 7 septembre, et
vraisemblablement amendé.
Le gouvernement a d'ores et déjà prévu de proposer
des amendements sur 3 points : la pénibilité, les poly-pensionnés et les
carrières longues, qui restent cependant à préciser (voir l'Express
du 29/08/2010)
Toutes les dispositions ne s'appliqueront donc pas forcément
telles qu'actuellement rédigées.
Il s'agit ici de faire l'inventaire des
impacts potentiels, qui constituent autant de points de vigilance à suivre, ce
que la CFE-CGC/UNSA ne manquera pas de faire, notamment pour négocier
l'aménagement des dispositions et accords d'entreprises impactés par la
réforme.
Rappel synthétique des dispositions communes du projet de loi
Mesures applicables à tous :
- A partir du 1er
juillet 2011, l'âge légal de départ à la retraite augmente de 4 mois par
an, pour passer de 60 ans actuellement à 62 ans en 2018.
- A partir du 1er
janvier 2012, la durée de cotisation de référence augmente d'un trimestre et
passe à 41 ans et 3 mois à partir de 2013. La durée de cotisations devrait être
de 41,5 ans en 2020.
- L'âge de la retraite
à taux plein, quel que soit le nombre d'années cotisées, est actuellement
défini à 65 ans. Cet âge d'annulation de la décote évoluera au même rythme que
l'âge d'ouverture des droits à compter du 1er juillet 2016. Il sera donc
progressivement relevé de quatre mois par an, pour atteindre 66 ans en 2019 et
67 ans en 2023.
Mesures spécifiques à la
Fonction publique :
- Relèvement de l'âge
légal pour tous les fonctionnaires en « catégorie active » : passage à 52 ans
lorsque l'âge d'ouverture des droits est actuellement à 50 ans ; à 57 ans
lorsque l'âge actuel est de 55 ans, etc.
- Pour les régimes
spéciaux, le relèvement de l'âge d'ouverture des droits débutera en 2017 pour
tenir compte du calendrier de mise en œuvre de la réforme de 2008.
Au-delà de l’allongement de la vie professionnelle et des
durées de cotisations qui touchera tout le monde, certaines populations de
l’entreprise sont dans des situations spécifiques, susceptibles d’être
impactées si le projet est adopté en l’état.
Nous vous invitons à participer à la mobilisation nationale du 7 septembre prochain pour mieux peser dans le débat, et à consulter les différents articles de notre site pour identifier les impacts potentiels selon la situation des personnels du Groupe (rubrique : Fin de carrières, Retraites et CFC)
Dernière mise à jour : ( 01-09-2010 )
Réforme des retraites : quels impacts pour les personnels Groupe FT ?
01-09-2010
Le projet de réforme des retraites sera soumis au débat parlementaire à partir du 7 septembre, et vraisemblablement amendé. En l’état actuel du projet, le tract joint fait l’inventaire des impacts potentiels, qui constituent autant de points de vigilance à suivre, notamment pour négocier l’aménagement des dispositions et accords d’entreprises impactés. La CFE-CGC/UNSA y veillera.
Vous pouvez également consulter les articles spécifiques à chaque situation, qui comportent une information un peu plus détaillée, et des exemples chiffrés chaque fois que c'est possible et pertinent (rubrique : Fin de carrières, Retraites et CFC)
N'oubliez pas la mobilisation nationale et intersyndicale du 7 septembre prochain.